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Maison de maître « Pavillon de Pregny »

  • Années : 1822-1825

  • Propriétaire initial : Auguste Saladin de Lubières

Histoire

Le 26 juillet 1821, Auguste Saladin-de Lubières  (1785-1857) acquiert auprès de Marc-François Vuaillet une partie du domaine appelé Le Clos du Parc, situé à Pregny. Cette propriété comprend une maison de maître, quatre corps de bâtiments ainsi que diverses dépendances. Dans le même élan, Saladin fait également l'achat, auprès de Joseph Collart (1810-1894), d'une maison d'habitation avec jardin, jusqu'alors enclavée dans le terrain de Vuaillet. L’ensemble de son domaine s’étend alors sur une superficie d’environ 12,153 ha.

Saladin fait démolir la maison de maître de Vuaillet afin d’y ériger, entre 1822 et 1825, sa propre résidence, qu’il nomme « Pavillon de Pregny ». Conçue par l’architecte Luigi Bagutti (1778-1835) dans un style néo-grec classique, elle s’impose comme l’une des maisons de campagne les plus remarquables de la région.

« La construction fut commencée en 1822 et achevée en 1825. L'architecte qui en fit les plans et qui surveilla la construction fut Louis Bagutti de Milan. Cette maison est construite en style grec. Sur la face du côté du lac, se détache un péristyle à quatre colonnes d'ordre ionique, de neuf pieds de circonférence. Les autres faces ont des colonnes du même ordre à trois pied de saillie. Les salons du rez-de-chaussé sont ornés de fort belles peintures à fresque sur mortier. Les peintres qui ont concouru à cette œuvre sont Louis Vacca, élève d'Appiani, qui a exécuté les sujets suivants : au plafond du grand salon, les Dieux de l'Olympe recevant Psyché et l'Amour [...]. Au plafond de la salle à manger, l'Aurore d'après le Guide; à celui du salon du midi, Ganymède, Silène, Faunes et Bacchantes. Berra a peint les reliefs; les plus remarquables sont ceux qui entourent le tableau central de l'Olympe; ils retracent toute l'histoire de Psyché. Velzi, peintre milanais, a fait aussi plusieurs fresques. Les salons contiennent quelques bustes; le plus remarquable est celui de l'ancien syndic Saladin-de Budé, exécuté par Pradier. On y voit aussi un groupe allégorique en bronze, de l'an 1600, provenant d'un couvent en Allemagne. Les appartements sont décorés de tableaux de l'école genevoise : Guillibaud, Huberde la RiveAgasseTœpfferMassotDiday, etc... Le vestibule est orné de forts beaux vitraux de couleur peints par Müller de Berne; ils représentent des armories de famille. »

- Jean-Jacques Rigaud, syndic de Genève entre 1825 et 1841.

En 1855, le baron Adolph Carl von Rothschild (1823-1900), alors établi à Naples, acquiert le domaine pour en faire sa résidence d’été. Après la révolution de 1858 et la chute du Royaume des Deux-Siciles, il s’y installe définitivement avec son épouse et cousine, Julie de Rothschild (1830-1907). Passionnée par l’art des grands jardins, Julie de Rothschild entreprend dès 1858 d’importants travaux de terrassement sur le domaine du « Pavillon de Pregny » et démolit les dépendances existantes. La même année, le « Pavillon de Pregny » est démoli pour laisser place à la construction d’une nouvelle demeure : le château de Pregny. En attendant l’achèvement des travaux, le couple Rothschild s’installe temporairement dans un petit chalet au bord du Léman acheté le 15 octobre 1858.

Préoccupations : Bâtiment démoli

Démoli en 1858, le bâtiment n'existe plus et aucune trace n'en subsiste.

Sources :

- Guillaume Fatio, Pregny, commune genevoise et coteau des altesses, 1947, pp. 255-258.

- Guillaume Fatio & Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, 1978 (2ème éd.), pp. 245-249.

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Mémoire de Pregny-Chambésy

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