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Maison de maître « Les Ormeaux »

Route de Pregny 36

  • Années : 1835-1836

  • Surface : 471 m²

  • Surface du domaine : 4'4699 m²

  • Propriétaire actuel : État de Genève

Localisation

Le domaine se trouve entre la Villa Perrot et le propriété Dassault, sur la Route de Pregny. Son domaine fait 4,4 ha.

Toponymie

Le nom de la propriété tire son origine des ormeaux, trois fois centenaires, qui se dressaient fièrement au pied de la terrasse de la maison. De nos jours, ils n'existent plus.

Histoire

La création du domaine est relativement récente. Auparavant, le terrain appartient à Marc-François Vuaillet (1785-1811), maire de Pregny de 1800 à 1808, puis à son fils Louis-Valentin. Ce terrain ne constitue alors qu’une partie de leur vaste domaine, dont la maison principale s’élève à l’emplacement des actuelles dépendances du Château de Pregny.

En 1834, Georges Haldimand (1781-1851), rentier, s’installe à Pregny en provenance directe de Londres. Issu d’une famille d’Yverdon dont la plupart des membres sont établis à l’étranger, il acquiert la partie sud du domaine voisin de la Villa Perrot auprès de Louis Perrot-de Pourtalès (1785-1865). Pour étendre son futur domaine, il achète une série de parcelles situées sur les pentes du coteau. Entre 1835 et 1836, il fait construire une maison de maître dans le style Tudor (néo-gothique anglais). Cette maison est peut-être l'œuvre de Jacques-Louis Brocher (1808-1884).

En septembre 1850, la propriété est vendue à Jean Alphonse Favre (1815-1890), qui s’y installe l’année suivante.

Pour célébrer leur arrivée dans la commune, les Favre organisent une grande réception dans leur domaine, réunissant les officiers des troupes suisses stationnées à Genève, la Société helvétique des sciences naturelles, ainsi que les membres du Congrès du christianisme social et celui des orientalistes. Les Favre apprécient également d’orchestrer la fête annuelle de l’école, avec au programme goûter, mât de cocagne, courses et remise de prix, ballons et feux d’artifice.

 

Profondément marqué par l’isolement des familles protestantes dans ce village à forte tradition catholique, il décide de créer, en 1852, une école primaire dans une petite maison située au fond de son domaine. Les cours ont lieu tous les jeudis, et le catéchisme est organisé chaque dimanche, avec la participation des adultes également invités. Les habitants accèdent à l’école par le Chemin des Chèvres.

Bien que la commune ait construit une école primaire publique en 1835, rendant théoriquement inutile « l’école des Ormeaux », Jean Alphonse Favre estime qu’elle doit perdurer, car l’enseignement religieux n’est pas inclus dans le programme officiel. Ainsi, les cours du jeudi et le catéchisme sont maintenus. Il fait alors détruire la petite maisons initiale et transfère son école protestante dans une dépendance du domaine, qu’il fait aménager spécialement à cet effet.

En 1856, Jean Alphonse Favre acquiert une partie du domaine voisin appartenant à la famille Saladin, situé de l’autre côté du Chemin des Chèvres. Désireux d’unifier les deux propriétés, il entreprend des travaux pour modifier le tracé supérieur du chemin, intégrant ainsi les deux domaines en un seul ensemble.

Jean Alphonse Favre a quatre enfants : Ernest (1845-1925), Léopold (1846-1922), Edouard (1855-1942) et Catherine (1851-1932), cette dernière étant mariée à Théodore Turrettini (1845-1916). C’est Edouard qui hérite de la propriété des Ormeaux en 1881 et y réside avec son épouse, Mathilde Gautier (1862-1941). À sa mort, ses sept enfants héritent à leur tour de la propriété, qu’ils revendent en 1951 à l'État de Genève.

Le domaine, divisé en deux par la Route de Pregny, pousse l'État à vendre la parcelle située au nord de cette artère à la commune de Pregny. Celle-ci est alors aménagée en terrains avec serres, exploités par Louis Brüll, horticulteur-fleuriste, ainsi qu’en terrain de sport communal. Dans les années 1990, lorsque M. Brüll prend sa retraite, le terrain reste une friche, en attendant la possibilité d’y construire de nouveaux bâtiments administratifs pour la commune. Finalement, en 2024, ce terrain est réuni avec le terrain de sport voisin pour former un seul et même ensemble, où un pumptrack est aménagé.

La maison de maître est louée depuis les années 1960 à la Mission permanente de France et du désarmement auprès des Nations Unies.

En 1963, l'État cède la partie sud du domaine, adjacente au Chemin des Chèvres, à l'industriel français Marcel Dassault (1892-1986). Ce dernier y fait construire une maison, conçue par l'architecte Arthur Bugna (1921-1983).

Liste des propriétaires successifs

  • ? - 1834 : Louis-Valentin Vuaillet.

  • 1834 - 1850 : Georges Haldimand (1781-1851).

  • 1850 - 1890 : Jean Alphonse Favre (1815-1890).

  • 1890 -1942 : Edouard Favre (1855-1942).

  • 1942 - 1951 : Les sept enfants d'Edouard Favre.

  • Depuis 1951 : État de Genève.

Protection

Depuis le 16 octobre 1987, le domaine, la maison de maison de maître et les dépendances sont inscrits à l’inventaire établi par le Département des Travaux Publics du canton de Genève.

Anecdotes

  • Jean Alphonse Favre fait la connaissance de la duchesse d’Orléans et de ses fils en 1852, chez les Bontems, au château de Penthes. Dès lors, des relations amicales s’établissent entre les deux familles et leurs alliés. Le 26 mai 1863, Louis d’Orléans (1845-1866) et François d’Orléans (1854-1872) rendent visite aux Favre aux Ormeaux, suivis d’une autre visite d’Henri d’Orléans (1822-1897), de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1822-1869) et de François d’Orléans le 17 août 1867. Ces relations se poursuivent avec de nouvelles rencontres aux Ormeaux en 1868 et 1869. Une anecdote raconte qu'en 1874, Léopold Favre, fils aîné de Jean Alphonse, accompagne Henri d’Orléans à la gare de Chambésy. En lui ouvrant la portière d’une voiture de première classe, il tombe par hasard sur Napoléon-Jérôme Bonaparte(1822-1891). Pris de surprise, Léopold referme immédiatement la portière.

  • Le 20 juillet 1873, Jean-Alphonse Favre accueille le shah de Perse, Nassereddine (1831-1896), dans son domaine.

Préoccupations : minime

La maison de maître et le domaine sont relativement bien protégés. Il convient toutefois de veiller à ce que l'État de Genève ne cherche pas à s’en séparer.

De plus, avec la Mission permanente de France occupant les lieux, il est important de surveiller que, pour des raisons de sécurité, l'aspect du domaine et de la maison ne soit pas modifié de manière significative.

Sources :

- Guillaume Fatio, Pregny, commune genevoise et coteau des altesses, 1947, pp. 244-255.

- Guillaume Fatio & Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, 1978 (2ème éd.), pp. 235-245.

- République et canton de Genève, Département des Travaux publics, Arrêté approuvant l'inscription à l'inventaire du domaine des Ormeaux, 1987.

© 2025

Mémoire de Pregny-Chambésy

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