Cimetières
La commune dispose de deux cimetières : celui de Pregny, lieu historique encore réservé aux personnalités et aux magistrats, et celui de Chambésy, dédié à l'ensemble de la population.
Cimetière de Pregny
Le petit cimetière de Pregny remonte à la fin du XVe siècle. En 1481, une église est son cimetière sont attestés. Restaurée en 1803 et dotée vers 1820 d'un nouveau clocher qu'offre Jean Jaquet, l'église est finalement détruite vers 1850. Le cimetière, qui suffit à la commune jusqu'à la fin du XIXe siècle, conserve la mémoire de plusieurs familles du Patricia genevois.
À l'arrière de l'ancienne sacristie, le sculpteur Jean Jacquet réalise son propre monument funéraire, adossé désormais au mur sud du cimetière. Parmi les autres célébrités, on relève le sculpteur Antoine Bovy, le docteur Jacques-Louis Reverdin, ainsi que le romancier et critique d'art Georges de Traz, frère de l'essayiste Robert de Traz.
Cimetière de Chambésy
Le cimetière de Pregny se révèle exigu, incitant la commune à rechercher, dès 1887, un nouvel emplacement. Le 30 mai 1905, le Conseil municipal entérine le don de 2'000 francs offert par Julie de Rothschild, destiné à la création d’un nouveau cimetière. Il valide également la convention conclue entre la Mairie et Alfred Chevrand pour l’acquisition, par la commune, d’une parcelle située aux Grandes Guenandes, à Chambésy. Cet espace, d’une superficie de 4'000 mètres carrés, est cédé au prix de 40 centimes le mètre carré, dans le but de créer un nouveau cimetière. Par ailleurs, le Conseil municipal accepte un don supplémentaire de 1'000 francs, offert par Albert Sarrasin-de Bock, également destiné à cet aménagement.
Le 25 septembre 1905, le Conseil municipal approuve le plan établi par M. Delessert, géomètre, pour l’aménagement du nouveau cimetière, et autorise le Maire à régler à Alfred Chevrand la somme de 1'712 francs correspondant au prix d’acquisition du terrain. Le 4 décembre 1905, la Commission chargée de l’étude de cette question reconnaît l’opportunité d’acquérir deux parcelles supplémentaires situées à l’est de la parcelle initialement achetée, afin de conférer à l’ensemble une forme plus régulière, en rectangle. Cette acquisition implique l’achat d’une surface d’environ 670 mètres carrés, répartie entre deux propriétaires.
Le Conseil municipal accepte avec gratitude le don de 300 francs offert par Louis Pictet, destiné à couvrir les frais liés à l’aménagement du nouveau cimetière. Par ailleurs, le 30 mars 1906, il prend acte des généreux dons de 500 francs de M. et Mme Hentsch-Naville ainsi que de 250 francs de Mme Barbey-Boissier, également dédiés à ce projet. Le nouveau cimetière des Grandes Guenandes ouvre officiellement ses portes le 1er juillet 1909.
Un an plus tard, Jean Panissod, ancien maire de la commune, fait don de la croix monumentale qui s'y élève. Aujourd'hui, cette dernière, délabrée et tombée en morceaux, repose entreposée au fond du cimetière.
On peut y trouver la tombe de Jean-Jacques Gourd (1850-1909), philosophe et recteur de l'Université de Genève, ainsi que celle de sa fille Émilie Gourd (1879-1946), pionnière du féminisme. Mentionnons encore Maurice Théophile Pictet-de Rochemont (1870-1940), petit-fils du grand Charles et l'un des fondateurs de l'Orchestre de la Suisse romande.
Sources :
- Guillaume Fatio, Pregny, commune genevoise et coteau des altesses, 1947.
- Guillaume Fatio & Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, 1978 (2ème éd.).
- Gilles Gardet, Commune de Pregny-Chambésy, carte historique, juin 2016.